Joan Manuel Serrat — Paroles et traduction des paroles de la chanson Canço de Bressol

La page contient les paroles et la traduction française de la chanson « Canço de Bressol » de Joan Manuel Serrat.

Paroles

I jo que m’adormia entre els teus braços
amb la boca enganxada en el teu pit.
L’amor d’un home ja ens havia unit
abans d’aquell matí d’hivern en què vaig néixer.
El record d’aquell temps, el vent no l’arrossega:
quan estalviaves pa per a donar-me mantega.
Cançó de bressol que llavors ja em parlava
del meu avi que dorm en el fons d’un barranc,
d’un camí ple de pols, d’un cementiri blanc,
i de camps de raïms, de blats i d’oliveres.
D’una verge en un cim, de camins i dreceres,
de tots els teus germans que van morir a la guerra.
Ets filla del vent sec i d’una eixuta terra.
D’una terra que mai no has pogut oblidar
malgrat el llarg camí que et van fer caminar
els teus germans de sang, els teus germans de llengua,
i encara vols morir escoltant mallerengues
coberta per la pols d’aquella pobra terra.

Traduction des paroles

Et moi que j'adormia entre tes bras
avec la bouche coincée dans votre poitrine.
L'amour d'un homme comme nous l'avions rejoint
avant qu'un matin d'hiver, dans lequel je suis né.
Le souvenir de cette époque, le vent traîne:
quand estalviaves pain pour me donner du beurre.
Berceuse qui me parlerait alors
mon grand-père qui dort au fond d'un ravin,
un chemin plein de poussière, un cimetière, d'un blanc,
et les champs de vignes, de blé et d'oliviers.
D'une vierge dans un sommet, des chemins et des raccourcis,
de tous vos frères qui sont morts à la guerre.
Vous êtes une fille du vent et sec d'un sol sec.
D'une terre que vous n'avez jamais pu l'oublier
malgré la longue route que vous devez marcher
tes frères de sang, ton langage de frères,
et encore envie de mourir en écoutant les seins bleus
couvert par la poussière de cette pauvre terre.